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Afterwork /Cinéma
16.09.2011
Cela commence comme un drame grec. La place Saint Marc, harassée de fidèles qui se pressent pour rendre un dernier hommage au Pape sortant, unanimement recueillis devant la Très Sainte Dépouille... Puis ces mêmes fidèles mêmement amassés pour saluer le nouveau pontife fraîchement nommé.... sauf que ce dernier, élu par défaut (dans une scène qui tire du côté de Rembrandt revu par Buster Keaton) ne se sent pas prêt pour assumer cette lourde tâche et finit par s’enfuir comme un cheval refusant l’obstacle.
De cette situation paradoxale (où comment l’ambition que l’on prête généralement aux membres de la curie romaine finit par se retourner contre les impétrants), Nanni Moretti tire une fable amusée sur un monde clos - il faut voir ces cardinaux enfermés parfois contre leur gré et qui tout en partageant un idéal commun n’en démontrent pas moins une étonnante hétérogénéité de caractères - dont la seule issue est de s’ouvrir au monde pour se sortir de là. Elle prendra la forme d’un psychanalyste réputé (Nanni Moretti himself) conscient de sa valeur ("le fait d’être le meilleur est un poids écrasant" n’hésite-t-il pas à confier !) et d’une extrême drôlerie... il finira par échouer...sauf à entraîner le choeur vaticanais dans un improbable tournoi de volley...
L’extérieur, c’est aussi le parti que prendra le pape déserteur en s’offrant une ballade romaine dans le monde réel. Il en ressortira transfiguré.
Avec Moretti, on redécouvre ce que le cinéma italien a de meilleur dans cette capacité rare à réfléchir avec sérieux (et avec une réflexion à jeu de miroirs) sans jamais cultiver l’ennui ou la docte dénonciation. ici pas de condamnation ou de blasphème, mais un humour décapant teinté d’une ironie finalement bienveillante et pleine d’affection. Un régal !