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Afterwork /Littérature
05.01.2010
« Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » est le premier roman de Mary Ann Shaffer, ancienne éditrice, bibliothécaire et libraire américaine (paru aux Editions NiL).
Derrière ce titre excentrique et énigmatique - impossible d’ailleurs de saisir l’intention derrière la traduction approximative du titre original « The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society ». Où est passée la tourte dans tout ça ? - se cache un roman épistolaire (une correspondance quoi) dont l’histoire se déroule entre Londres et l’île du Guernesey, en sortie de Seconde Guerre Mondiale.
Sortez le thé et les shortbreads… Londres, 1946, Juliet, jeune écrivaine et chroniqueuse londonienne, est en panne d’inspiration. Elle reçoit un jour la lettre d’un inconnu, Dawsey Adams de Guernesey, avec lequel elle va entamer une correspondance. Elle découvre alors son monde et celui d’une bande de personnages plus attachants les uns que les autres, fondateurs d’un cercle littéraire des plus excentriques. Je ne dévoilerai pas ici la naissance de la dénomination de ce club de lecture un peu spécial (indice : c’est la faute au cochon grillé) où chacun aime les livres à sa manière… Alors que Le Times lui commande une série d’articles sur "les vertus pratiques, morales et philosophiques de la lecture », Juliet décide d’en savoir plus sur ce cercle littéraire et ses membres pleins de fantaisie. Lettre après lettre, elle se lie d’amitié avec eux et décide de se rendre sur place pour enfin les rencontrer…
Ce roman est avant tout une déclaration d’amour à la lecture. Une lecture qui lie les hommes et qui ramène l’espoir et la lumière dans un monde et des esprits meurtris par la guerre. Mais c’est également une invitation au voyage : cette petite enclave au sein des iles anglo-normandes ressemble à un véritable havre de paix. Un endroit simple et sauvage qui sent bon l’air iodé où l’on s’imagine se ressourcer (probablement mes racines bretonnes qui me titillent…).
Si l’histoire ne survivra probablement pas au temps, ce livre vous promet un très agréable moment de lecture, autour d’une écriture légère, pleine d’humour et d’humanité. On ne peut que regretter la disparition de l’auteure, décédée en février 2008, peu avant la publication de son roman. Ce n’est d’ailleurs que grâce à l’aide de sa nièce Annie Barrows, auteure de livres pour enfants, qu’elle parviendra à finaliser son livre.
Dans le même esprit, je vous invite à lire également – si ce n’est déjà fait - deux correspondances : « Inconnu à cette adresse » de Kressmann Taylor (correspondance fictive entre un Allemand installé aux Etats-Unis qui décide de rentrer en Allemagne et un juif américain) et « 84, Charing Cross Road » de Hélène Hanff (correspondance entre l’auteure, scénariste new-yorkaise, et les employés de la librairie Mark & Co à Londres).
Bonne lecture !