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Vincent Peillon n’est pas pour rien un éminent apôtre de Merleau – Ponty. Comme lui, assurément, il a lu tout Machiavel, à tel point qu’il finit parfois par se confondre avec l’un des maîtres de son maître. On peut évidemment blâmer la politique de la chaise vide durant le Débat sur l’IN en évoquant qu’il s’agit là de choses qui ne se font pas. On peut tout autant saluer une manoeuvre qui, en suscitant le scandale, constitue un acte de diversion aussi malin que risqué. Que retiendra-t-on en effet de cette rencontre destinée à faire entrer le « ministre le plus haî de France » dans la Cour des fréquentables et dont France 2 nous promettait qu’elle accoucherait de larmes et de sang ? A peu près rien sur le fond, c’est dire si la dérobade du plus universitaire des députés européens s’est révélée effroyablement efficace. Une fois encore, les médias ont été pris au jeu de la surenchère qu’ils affectionnent tant : l’absence de l’élu n’aura pas servi à rien. En provoquant une catastrophe en direct, elle a ému l’opinion autant qu’elle a donné du grain à moudre à toute la profession. Ce n’est plus le média qui traque le scoop, mais le scoop qui s’invite dans le média. En un certain sens, il s’agit là d’une première.
François Mitterrand lui-même doit se frotter les mains.